De l’avortement à l’autosanté: histoire des services féministes en santé sexuelle et reproductive au Québec (1968-1990)

Conférence

Qui : Marie-Laurence Raby
Quand : Samedi 11 avril, 16h à 17h
Où : Scène de l’histoire
Coût : Billetterie du Salon international du livre de Québec

Entre 1969 et 1976, des groupes féministes assurent un service de référence pour avortement. Sorte de secrétariat médical, les militantes prennent rendez-vous pour les femmes chez des médecins montréalais qui acceptent de faire des avortements « sur demande » dans leur clinique privée, bien que ceux-ci soient alors illégaux. À travers ce service, les militantes féministes diffusent de l’information sur la santé sexuelle et reproductive en général, et sur l’avortement et la contraception en particulier. Elles ouvrent également un espace permettant aux femmes de se déculpabiliser et déstigmatiser l’avortement. Ce faisant, ces services de santé bien particuliers sont éminemment subversifs. Après 1976, les Centres de santé des femmes sont créés et mettent sur pieds des services d’avortement. S’ils sont toujours illégaux – le Code criminel canadien demeure inchangé – ils sont néanmoins tolérés par le gouvernement québécois. 

Les Centres de santé des femmes mettront de l’avant la démédicalisation, la déprofessionnalisation et la désexisation de la santé des femmes, poursuivant sur les traces de leurs prédécesseurs dans une approche collective des soins. Ils s’inscrivent dans le courant de l’autosanté féministe. Le Centre de santé des femmes de Montréal mettra ainsi sur pieds des ateliers d’autoexamens du col de l’utérus, ainsi que des projets de recherches sur des traitements alternatifs pour les infections vaginales.


Doctorante en histoire à l’Université Laval, Marie-Laurence Raby s’intéresse aux mouvements féministes québécois d’autosanté de la seconde moitié du XXe siècle. Elle a publié Braver l’interdit. Histoire féministe de l’avortement au Québec 1969-1988 chez Remue-ménage en 2025.