Politique autochtone et gouvernance coloniale au Canada (1815-1860)

Conférence

Qui : Mathieu Arsenault
Quand : Vendredi 10 avril, 16h à 17h
Où : Scène de l’histoire
Coût : Billetterie du Salon international du livre de Québec

Dans les colonies canadiennes, la première moitié du XIXe siècle est marquée par un nombre croissant de revendications territoriales émanant des Premières Nations en raison des pressions de la société coloniale sur leurs territoires. C’est cette prise de parole autochtone que cet essai analyse afin de mettre en valeur la participation des Premières Nations à la construction de l’État canadien entre 1815 et 1860.

À partir de l’étude des pétitions adressées à la Couronne par les Innus du Domaine du roi et les Anichinabés de la rive nord des lacs Huron et Supérieur, Mathieu Arsenault trace les contours d’un discours politique autochtone qui s’exprime dans le contexte des relations tendues entre les communautés en marge de l’espace colonial et le centre du pouvoir étatique. Face aux volontés d’expansion coloniale, ces communautés sont amenées à mobiliser des discours politiques axés sur la relation spéciale avec la Couronne afin de provoquer l’action de l’État et de négocier leur intégration au sein de l’espace colonial tout en préservant des rapports de nation à nation. 

En restituant aux Premières Nations leur rôle d’acteurs autonomes et en soulignant leur activisme politique, cet ouvrage propose un éclairage inédit sur la redéfinition de la politique indienne au XIXe siècle.

Cette conférence est présentée grâce au soutien de la Chaire de recherche sur l’histoire contemporaine du Québec.

Mathieu Arsenault est professeur au département d’histoire de l’Université de Montréal depuis 2020. Il est spécialiste de l’histoire politique autochtone et de la construction de l’État colonial au Québec et au Canada au cours du XIXe siècle. Ses travaux portent sur les relations entre les Premières Nations, la Couronne britannique et la société coloniale, les pratiques discursives autochtones, ainsi que la pratique de l’histoire au Québec.